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Nous vivons dans une époque où le bruit domine...

  • moncarnetlimougeaud
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Les vœux sont toujours un moment où l’on se souhaite le meilleur, où l’on affiche de l’optimisme — parfois même avec un certain volontarisme — et où l’on se dit, en toute honnêteté, que si l’année pouvait être un peu plus simple que la précédente, ce ne serait déjà pas si mal.


Nous vivons dans une époque où le bruit domine. Ce bruit global, saccadé de paroxysmes, épuise et désespère. Face à cela, on peut choisir le vacarme, l’écoute, la fuite, ou pire encore, le repli qui s’accompagne de désintérêt et de désinvestissement dans ce que nous avons de plus fragile : le sens de l’engagement démocratique.

Nous abandonnons nos devoirs sacrés sans lesquels n’existe aucune démocratie : le droit de vote. Le vote devenu, selon la citation de Raymond Aron, « l’art de choisir entre le désagréable et le catastrophique ».


Nous pouvons aussi répondre par la mesure et le silence. Le silence dans ce contexte, opposé au vacarme n’est pas une fuite : c’est un acte de résistance. Une manière de refuser l’hystérisation permanente.

Le silence fait peur aux bavards, et il rassure les sages.

Le philosophe Wittgenstein disait : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ». Sage conseil.


Le silence est un formidable révélateur. En nous taisant nous laissons nos sens travailler tranquillement, écouter notre pensée, écouter et se concentrer sur ce qui se dit et sur la compréhension de l’environnement, du contexte.

Nous restons libres de penser, d’analyser, de synthétiser, de préparer l’action à venir, de l’engager ou de la différer.

Le silence peut être un choix démocratique. La démocratie, n’est pas seulement la parole libre. C’est aussi la capacité à accepter de laisser parler l’autre – même quand il dit des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord.


En période pré-électorale, le silence est une discipline en plus d’une obligation légale. Une forme de retenue qui garantit l’équité du débat. Une humble parenthèse dans le tumulte des informations continues et des réseaux sociaux.


Ce soir, je veux simplement partager une conviction : la France n’a jamais eu besoin d’autant de calme, de réflexion, d’apaisement.

Pour se projeter vers l’avenir, pour retisser du lien, pour redevenir un pays ou les habitants, les dirigeants, les élus se parlent au lieu de s’invectiver.

À l’international aussi, le bruit domine. Bruit des conflits, bruit des menaces, bruit des inquiétudes globales. Le fracas du monde nous rappelle chaque jour combien la paix est fragile.

Dans ce vacarme, le silence devrait être une ressource diplomatique rare : le temps de la négociation, de la retenue, de la désescalade. Mais seule, sans la force et la détermination, la diplomatie ne peut remplir le vide assourdissant du silence.


Face aux bouleversements internationaux, la lucidité impose parfois de parler moins, pour agir mieux.

Je vous parle du silence et pourtant, vous le savez, vous qui me connaissez, j’adore plus que tout parler, dialoguer, débattre, convaincre.

La politique, exige une parole vivante qui ne peut exister que par l’alternance de phases de silence scandant le dialogue pour l’explication patiente des enjeux complexes qui nous concernent tous. C’est pour cela que j’ai pris goût à la politique alors que rien ne m’y avait invité avant.

Simplement une réflexion : assurer la tranquillité d’une ville est un combat discret, parfois silencieux, mais essentiel.


Tranquillité et sécurité de la population se perçoivent totalement dans le silence des rues des villages des campagnes. L’importance du bruit marque l’inconfort et l’insécurité.  Nous nous trouvons face à une belle contradiction : nous travaillons chaque jour à maintenir un silence que personne ne remarque vraiment… sauf lorsqu’il disparaît.


Mais le silence peut être aussi l’occasion délibérée de constituer un secret, de cacher, de ne pas expliquer, de ne pas informer, de ne pas débattre et de dissimuler des intentions ou des actions plus ou moins bien intentionnée. Ce type de silence accompagne souvent les menaces qu’elles soient personnelles, terroristes, délinquantes ou rebelles.

Gouverner une ville, c’est le rôle et la fonction d’une équipe dont la complexité et la responsabilité échappent le plus souvent à l’ensemble des acteurs. C’est tout d’abord une équipe municipale où les élus majoritaires choisissent un maire mais sont tous responsables de la qualité de l’équipe. Cohérence et cohésion en sont les deux piliers principaux renforcés par la loyauté et la solidarité. Qu’une partie de ce groupe vienne à manquer à ces devoirs et c’est toute l’équipe qui dysfonctionne.


Autour et avec cette équipe municipale vont se coordonner le plus efficacement possible une administration municipale elle-même en prise avec les administrations communautaire, départementale, régionale et de l’Etat et ses différentes agences.

La justice et la police quant à elles viennent apporter leur contribution essentielle en matière de sécurité et de Liberté. Les pompiers et l’ensemble des associations renforcent la sécurité civile.

L’éducation, l’université et la santé relevant d’organisations spécifiques complémentaires.

La partie la plus diverse et la plus complexe de l’équipe, celle qui représente à la fois les acteurs, les supporters et les bénéficiaires, c’est le peuple.


Par-delà les fureurs, des passions et des confrontations voir des affrontements, nous nous devons d’être à l’écoute des besoins et des souhaits de ce dernier. En tant que psychiatre, je sais trop combien peut être ubiquitaire le terme écoute.

Diriger une ville, c’est accepter ce temps suspendu où nous faisons silence pour l’écouter, où l’on observe, où l’on essaie de comprend les joies, les difficultés, les tensions qui traversent une société, un territoire, un quartier.

Oui, nos concitoyens attendent une équipe qui leur soit dévouée et animée d’un esprit mêlant respect, partage, loyauté, responsabilité et solidarité.  


Le temps des élections ressemble étrangement au mercato des équipes sportives ! La multiplication des élections a fini par perturber totalement la stabilité de constitution des équipes et leur appartenance.

Cependant, l’esprit d’équipe, c’est se rappeler que nos réussites sportives, culturelles, économiques, associatives, urbanistiques… sont le résultat d’un travail collectif.

Ces réalisations ont associé élus, employés, bénévoles, professionnels, conseillers de quartier et population. Chaque Limougeaud apporte sa pierre à l’édifice et c’est ensemble que nous réussissons.

L’esprit d’équipe, c’est rappeler que nos liens doivent se renforcer au gré des joies partagées et des épreuves surmontées.


L’esprit d’équipe c’est de nous souvenir que nous devons prendre soin des plus fragiles, des plus vulnérables, des plus menacés, des plus exposés lors de la défense du bien commun. Une ville doit être l’échelon des solidarités naturelles : familiales, amicales, de voisinage, associatives, municipales.


C’est tout cela l’esprit d’équipe que je nous souhaite de faire vivre à Limoges pour vous et pour nous tous. Tous les Limougeauds.

Alors ce soir, mes vœux seront simples : faisons nôtres partout et à tous les niveaux :

des moments de silence pour réfléchir,

des moments de dialogue pour avancer,

des moments de calme pour apaiser,

et des moments de concertation pour construire.


Et s’il me fallait résumer en une phrase : je nous souhaite une année où le silence ne sera jamais un vide, mais un espace. Un espace pour mieux respirer, mieux se parler, mieux se comprendre, et mieux agir.

Limoges est une ville fière, généreuse et résiliente. Une ville où le bruit du quotidien n’empêche jamais la constance des engagements. Une ville où le silence n’est pas l’absence de vie, mais la promesse de ce qui vient.


Je vous souhaite à toutes et tous une très belle année, pleine de bonheur, de sens et de sérénité.


[Discours aux personnalités et à la presse du 16 janvier 2026]

 
 
 

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