Confiance et antidotes

Nous vivons tous dans notre chair, à des degrés divers, les conséquences d’une épidémie inexorable, devenue pandémie aujourd’hui. Hôpitaux, entreprises, collectivités territoriales, Etat, nous nous y préparons régulièrement, certes. Nous avions tous établi des plans de continuité d’activités, modélisé des cellules de crise, participé à des exercices de simulation. Ces préparations gardent toujours un côté irréel car on se force à penser que l’on s’exerce pour que cela n’arrive pas…

Seulement, dans un contexte d’échanges mondialisés, où la liberté de circuler est quasi universelle, on arrête mieux les colis que les virus. Et la prise de conscience actuelle est terrible. Elle profite aux sceptiques et aux déclinologues. Elle révèle que nous n’avons finalement que peu de prise face à des enchaînements de circonstances issus pourtant de l’activité humaine. Nous devons tout faire pour juguler tout sentiment d’impuissance !

Car cette situation révèle aussi ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous : notre résilience, notre capacité à faire, le génie individuel et collectif, le bonheur du lien à l’autre. Cela participe à faire société. On dira que c’est plus ou moins culturel. On convoque l’esprit de résistance. Oui il y a de tout cela dans la situation que nous vivons.

Si la situation n’était pas aussi dramatique, nous pourrions sourire du fait que l’on redécouvre l’exigence d’une autonomie alimentaire c’est-à-dire une indispensable agriculture française, économiquement viable et de qualité, pour couvrir les besoins alimentaires de la population. Nous pourrions aussi être exaspérés d’avoir eu raison de réclamer inlassablement un soutien à maintenir nos capacités industrielles.

En tant qu’ancien médecin, j’ai intégré une logique de protocoles d’urgence déjà éprouvés dans d’autres contextes. En tant que maire, je suis aussi en première ligne, connaissant parfois le vertige de l’isolement face à l’ampleur de la tâche à accomplir, mais conforté car je suis entouré de compétences, de talents, de bonnes volontés voire de belles âmes qui ne comptent ni de leurs temps ni de leur énergie pour faire ce qui doit être fait.

La crise sanitaire que nous connaissons actuellement commande de prendre toutes les mesures qui permettent de poursuivre nos missions et la continuité des services au public, en toute sécurité pour nos concitoyens et pour nos agents.

Elle demande aussi une grande capacité d’adaptation pour consolider les moyens de fonctionnement partout où les besoins s’accroissent. Ainsi le service de portage de repas à domicile ou encore l’activation d’une cellule d’appels et d’écoute pour toutes les personnes en situation de vulnérabilité et/ou d’isolement a nécessité de renforcer notre organisation. Nous avons mis en place la garde d’enfants des personnels soignants et de sécurité en choisissant des modalités parmi les plus souples pour faciliter son utilisation.

La Ville tente ainsi de répondre présente chaque fois qu’elle est sollicitée. Ainsi, après avoir pris l’assurance que nous disposions de moyens de protection nécessaires à la sécurité des agents mobilisés notamment dans nos établissements de santé, nous avons pu mettre à disposition des hôpitaux, des médecins et des infirmiers libéraux, 87 000 masques FFP2 dont nous disposions en stock en prévision d’une pandémie : 30 000 pour le CHU de Limoges, 15 000 pour la Polyclinique de Limoges, 2 000 pour le centre hospitalier Esquirol et 40000 masques FFP2 mis à la disposition des médecins généralistes et des infirmières libérales. Puis nous avons livrés 400 kits de protection (une blouse, une charlotte, un masque ORL et deux couvres chaussures) auprès de l'Ordre des Infirmiers Libéraux.

Si l’on doit lister ce que nous mettons en œuvre, au-delà des mesures gouvernementales :

  • Mise en place de la garderie pour les enfants de personnels soignant et de sécurité (règle d’accueil assouplie à un seul parent soignant et ouverture dès le début aux personnels de sécurité puis à partir du 28 mars, extension des horaires 6h30/21h et 7j sur 7 avec une mesure de gratuité exceptionnelle) ;

  • Maintien de l’aide aux devoirs par les Centres sociaux ;

  • Livraison de matériels et d’aliments pour la salle de pause des soignants au CHU (gâteaux, café, bouilloire…) pris sur le stock des restaurants scolaires ;

  • Réactivation de la plateforme d’appel des séniors (plan canicule) puis extension via un numéro unique, à toute personne en situation d’isolement et/ou vulnérabilité (plus d’une centaine de personnes inscrites) ;

  • Mise à disposition d’un local permettant la distribution de l’aide alimentaire d’urgence s’ajoutant à l’activité de distribution de colis par l’épicerie sociale et éducative ;

  • Renforcement du service de portage de repas à domicile 7j/7 pour les séniors, d’ailleurs marqué par un fort accroissement d’activité (+15% d’inscrits et +500 repas livrés en plus que l’activité habituelle) ;

  • Confinement en chambre des résidents des EHPAD dès le départ de la crise et équipement en tablettes avec Skype pour appel des familles ;

  • Mise à disposition et équipement d’un local destiné à être un lieu de délestage pour le dépistage du COVID 19 et un lieu de consultations ;

  • Gratuité du stationnement ;

  • Levée des redevances (étals) versées par les commerçants pour le mois de mars et demandes de dérogation pour le maintien de l’ouverture des Halles centrales, des Halles Carnot, des marchés de La Bastide et du Vigenal puis ouverture des marchés de producteurs Place Marceau et Place des bancs ;

  • Recensement et diffusion sur le site internet de la Ville de la liste des commerces qui proposent un service de livraison à domicile ;

  • Recensement et diffusion de la liste des initiatives locales et mettre en relation les bonnes volontés. Elles sont fondées sur la solidarité et le maintien du lien social, sur le bénévolat, le volontariat et/ou le don. Mise en place d’un relai des informations du tissu associatif sur l’annulation de leurs manifestations ou leurs initiatives (300 associations participant au Forum annuel) ;

  • Diffusion sur nos réseaux sociaux et le site internet de la Ville de propositions d’activités culturelles, sportives, bien-être, des challenges …pour mieux vivre le confinement et entretenir un lien social aussi étroit que nous y sommes autorisés.

Voilà, ce n’est pas exhaustif. Mais surtout c’est évolutif. Car nous remettons en question chaque jour, en cellule de crise à la mairie, dans chaque domaine, tout ce qui peut et doit être fait pour faciliter la vie quotidienne déjà très éprouvée des limougeauds, leur sécurité. Mais ce qu’il importe par-dessus tout, c’est ce que nous pouvons faire ensemble ou individuellement pour retrouver la voie de la guérison et faire de ce coronavirus COVID 19, un souvenir le moins douloureux possible.

Je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’adressent, ainsi qu’aux élus de la Ville, leurs réflexions, leurs bonnes idées, leur candidature pour exercer telle ou telle mission, apporter leur aide… Cela participe à nos débats et nous permet d’avancer.

Je ne saurais que vous inciter à respecter scrupuleusement les consignes de prévention pour enrayer le développement épidémique du COVID 19. Nous le devons à nos soignants pour les protéger. Nous le devons à tous ceux qui sont sur le terrain tous les jours pour maintenir l’activité économique et sociale.

Prenez grand soin de vous et de vos proches.

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