2014-2020: où en est Limoges ?


Le temps électoral, celui où nos concitoyens seront appelés à se prononcer sur un bilan et des projets, est venu.


Le mandat municipal de six années est toujours trop court, pour mettre en œuvre tous les projets : ceux qu’on avait imaginés, ceux dont on a hérité et que les aléas ont contrariés, ceux qu’il faut conduire parce qu’ils répondent à une obligation majeure pour la collectivité tels les écoles, la restauration du patrimoine, ou encore la mutation de nos bâtiments en entités éco- responsables....


Un chemin d'humilité

« Fais ce que doit, advienne que pourras » représente depuis de longues années ma devise. Construire, partager, transmettre, surmonter les épreuves tels sont les grands challenges d’une vie humaine. Entrer en politique, au service des autres est à la fois passionnant et en même temps un chemin d’humilité ou la vanité des honneurs le dispute à l’envie des renoncements. Avoir le courage d’affronter l’un et l’autre pour ne pas y céder, constitue l’épine dorsale de toute action.

Parler d’éthique, quand, on est en politique, apparaît paradoxal à nos concitoyens, me déclarait malicieusement Luc Ferry, et pourtant cette réflexion est plus que jamais nécessaire.

C’est dans cette optique que j’avais signé la charte ANTICOR et que je l’ai mise en place. Les difficultés de sa mise en œuvre, cette expérimentation exceptionnelle au plan national, la qualité des résultats, nous ont valu cette année, après évaluation de son fonctionnement, le satisfecit d’ANTICOR salué par la presse nationale. J’y vois là une démarche authentifiée, au service de la respectabilité des élus et de leur travail, et un exemple de la probité et du respect des règles et des lois. Une reconnaissance pour la mise en œuvre de la démocratie de proximité par les conseils de quartiers, les conseils citoyens ; la concertation avec la population pour les grands chantiers, allant des pavés des rues piétonnes aux halles, à la place de la République, la caserne Marceau et aux bords de Vienne pour monter vers l’éco-quartier des Portes ferrées comme ce fut le cas à la Bastide, à Beaubreuil ou pour le parc des tours en étoile de la ZUP. C’est aussi le partage des responsabilités majorité/opposition à la tête des commissions ou la retransmission en direct des conseils municipaux.


Le lit du délitement social

Accompagner la destinée de notre ville, en être les principaux artisans, au sens noble du terme, ceux qui préparent ses aménagements, les réalisent ; ceux qui l’entretiennent, la rénovent, l’améliorent, la construisent, est un investissement accaparant.

Le contexte politico-social est, cette année encore, difficile. Personnellement, j’y perçois une fracture, un fossé, entre celles et ceux qui accèdent au savoir, à l’emploi, à la reconnaissance ; et, celles et ceux qui ont le sentiment de survivre, parfois tristement, au quotidien. Sentiment d’abandon, communautarisme, refus des règles communes, rejet et même destruction des services et biens publics, forment le lit du délitement social que nous devons combattre pour préserver la démocratie et la République.

J’y perçois une difficulté croissante à communiquer ensemble, à comprendre collectivement le monde, à partager des valeurs qui font le ciment de notre société et de notre République depuis des dizaines d’années. Tout ceci concourt à l’incapacité à construire des solutions adaptées à nos difficultés.

Limoges n’échappe pas à ces évolutions. Face à notre modèle Républicain, un autre modèle issu d’une globalisation économique néolibérale s’impose chaque jour un peu plus. Le lien social et fiscal s’efface au profit d’une perception individualisée de l’impôt (qu’est-ce que je paye et quel bénéfice j’en retire) et l’impôt devient le prix d’un service rendu. La nature politique et solidaire du citoyen-contribuable s’estompe en se fondant dans celle du client individualiste.


2019 : aboutissement de nombreux projets

Quel meilleur exemple de démocratie républicaine que celui des municipalités comme la nôtre, en charge de bon nombre de services publics et d’investissements ; soumises au suffrage direct, engagées dans des consultations participatives régulières des habitants.

Car, qui mieux qu’un maire, au contact régulier de ses concitoyens, peut percevoir leurs problèmes et leurs attentes, et essayer d’y apporter les solutions adaptées. C’est par exemple le cas de la sécurité, où comme le note France Urbaine, malgré les efforts des municipalités pour financer les polices municipales et les systèmes de vidéo protection, la coordination avec les polices nationales, l’importance du rôle de l’état y est prépondérante. Les incendies de la Saint Sylvestre et la mise en danger d’habitants du fait de ces incendies, par-delà le préjudice matériel subi, souvent au détriment des classes populaires, n’est ni acceptable, ni admissible. Force doit rester à la Loi.


L’année 2019 aura été marquée logiquement par l’aboutissement de nombreux projets, après des mois de préparation, d’études, de consultations et de travaux.

Je n’évoquerai volontairement que certains d’entre eux qui correspondent tous, peu ou prou, à cinq caractéristiques qui se complètent : développement durable, sécurité, éducation et culture, développement économique, social. Tous les chantiers et programmes reprennent de manière inclusive ces thèmes. Notre planète brûle, nous voyons les flammes, nous entendons les cris de détresse des animaux, des végétaux et des humains. Nous sommes inquiets. Nous avons depuis 2014 décidé d’agir et nous ne faiblirons pas, à la hauteur des chantiers que nous pourrons financer. C’est le cas de la rénovation urbaine de La Bastide qui se termine par la construction de l ‘EHPAD de nouvelle génération après l’ouverture du bureau de Poste et de celui de la Police. Le chantier de l’éco quartier des Portes Ferrées qui démarre, les programmes de rénovation de la ZUP de l’Aurence ou de Beaubreuil pour lesquels les partenariats sont en cours de constitution avec l ‘ANRU.


L’installation de nouveaux commerçants dans des Halles Carnot rénovées, la réouverture des Halles centrales et l’affluence qui ne se dément pas sont des signes visibles de l’action cœur de ville au service du commerce. Les rénovations esthétiques et thermiques des bâtiments du cœur de ville, viendront renforcer ce programme que commence à mettre en valeur la première partie de la place de la République qui se termine avec le coulage de la dalle photo-luminescente. Sur cette place, les arbres voulus et plantés, seront autant de climatiseurs pour lutter contre le réchauffement comme le seront les arbres multipliés au jardin d’Orsay ou les jardins partagés du même parc ou de celui des tours en étoile.

L’implantation du marché de Noel qui s’est révélé une réussite touristique avec 20% d’augmentation de fréquentation, permet de familiariser progressivement la population avec la piétonisation aménagée du centre -ville et la navette électrique, renforçant la place des modes de déplacements doux et propres tout en facilitant les mobilités intra urbaines. Les premiers porcelainiers recevant le label IGP, la pose de pièces en porcelaine bleu de four au détour de nos rues avec le jalonnement céramique, la généralisation des plateaux-repas en porcelaine dans toutes les crèches montrent la spécificité, la créativité, la démarche éco-responsable de protection de l’environnement et de la santé avec ce matériau noble qu’est la porcelaine. La générosité trépidante de Juan Arbelaez nous a fait vivre des moments exceptionnels lors de la dernière édition de Toques et Porcelaine.


Le sémillant Joseph Ponthus, lauréat du prix Régine Desforges, dans le cadre de Lire à Limoges ; le spectacle son et lumière des 90 ans de la gare des Bénédictins et l’hommage à « notre » Auguste Renoir célébré dans les jardins de l’Evêché ; la fresque en hommage à Sanfourche réalisée par les jeunes du quartier sur les murs extérieurs du centre social et de loisirs de Beaubreuil sont une infime partie des événements culturels de notre ville. Le match de rugby Clermont-Ferrand/La Rochelle sur la pelouse du demi grand stade tout comme le Match OM-Trelissac ont permis aux amoureux de ces sports de passer d’agréables moments.


La "smart city" en vue

Rénover les écoles, refaire des restaurants scolaires ou refaire les façades de la mairie ; usées par le temps, regroupent les mêmes impératifs : entretenir le patrimoine, renforcer l’isolation pour améliorer le confort d’usage et diminuer la consommation d’énergie et la production de CO2. Signer un engagement pour une ambition zéro carbone, lors du congrès des maires, pour les années à venir grâce au pilotage intelligent de tous les chauffages et systèmes de ventilation de l’ensemble des bâtiments municipaux et des EHPAD, vient compléter la production d’électricité solaire et l’utilisation des moyens de transports électriques. Rénover l’éclairage, par des systèmes LED pilotés, et l’associer à l’extinction des lumières a pour but de lutter contre la pollution lumineuse. Tout est en place pour connecter une smart city.


Le pollinarium sentinelle, le maintien du label 4 fleurs dont nous partageons la fierté, le label végétal local, le renouvellement des arbres morts du fait de l’âge de la maladie ou de la sècheresse a plus d’un pour un, l’économie d’eau de pluie pour l’arrosage et l’augmentation du nombre de ruches, sont autant d’actes de protection de l’environnement. L’aménagement des bords de Vienne se poursuit dans cet esprit de préservation des éco systèmes.

Recevoir de jeunes enfants dans des crèches sans perturbateurs endocriniens, diminuer le sel et le sucre dans la nourriture de tous les restaurants de la collectivité, faire fonctionner l’épicerie sociale et solidaire, multiplier par deux le nombre de seniors accompagnés ou d’enfants bénéficiant d’aide aux apprentissages ou partant en centre de vacances de leur choix, telles sont nos réalisations sociales. « Donne un poisson à un homme et tu le nourris un jour, apprend lui à pêcher et tu le nourris pour la vie », telle est notre démarche.


Sans l’implication et la grande technicité des services municipaux et de tous les agents, aucune de ces réalisations n’aurait été possible. Je veux, ici, devant vous, les en remercier chaleureusement.

Tous ces Chantiers ont été organisés en un temps record, ce qui n’est pas sans avoir généré quelques points de crispations entre les équipes municipales et les entreprises, partenaires et professionnels. Mais lorsque l’on voit le résultat, on ne peut qu’être admiratif devant l’engagement de chacun. J’ai eu la chance de présider à une très belle équipe formant la majorité municipale. Merci à nos amis de l’opposition, leurs encouragements marqués ont permis de souder l’équipe.


Ces projets et ces initiatives font battre le cœur de la cité.

Je ne vous l’ai jamais caché, je suis favorable à une plus grande mutualisation au sein de notre grande famille des 20 communes métropolitaines. Nous avons besoin de cette intelligence territoriale.

Seuls nous restons fragiles, mais, avec nos partenaires que sont l’Europe, l’Etat, la Région, le département et la communauté urbaine ; avec qui, rappelez-vous, ce n’était pas gagné d’avance ; nous sommes nettement plus forts et capables de mobiliser beaucoup plus de moyens. Avec détermination, constance, persévérance et travail, nous avons réussi à faire entendre les valeurs de nos principes, à faire comprendre notre vision, pour une communauté faite de respect de co-construction et de défense de nos dotations, pour lesquelles, nous pouvons remercier nos députés qui ont relayé notre démarche.


Notre ville représente le centre et l’élément majeur de notre communauté urbaine, elle est la métropole d’équilibre du nord-est de l’Aquitaine et du centre ouest de la France.

Ce rôle structurant, c’est une responsabilité, c’est un devoir, une exigence, que la municipalité s’est efforcée de respecter en plaçant la Ville-centre comme leader naturel.

Ce leadership, nous l’avons décliné et animé en tissant des partenariats au plan départemental avec Saint Yrieix, Saint-Junien, Bellac ; au plan Régional avec Bordeaux, Pau, Mont de Marsan, Angoulême, Périgueux, Poitiers, la Rochelle, Brive, Tulle, Guéret; au plan National avec Saint Etienne, Enghien, Toulouse, Lyon ; enfin au plan International avec la Corée, la Chine, le Japon, la Pologne, l’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis, le Canada, la Colombie, l’Equateur, l’Azerbaïdjan, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Maroc, la Tunisie…. Tel est notre engagement : promouvoir et faire rayonner Limoges ses habitants leur créativité et leurs savoir-faire.

Cette responsabilité, elle s’est aussi exercée en matière de grands projets qui répondent à une ambition : celle de construire l’avenir, de renforcer Limoges, d’apporter les indispensables équipements qui consolideront le statut de la Ville et son attractivité.


Beaucoup de nos concitoyens de Limoges, Haut-viennois, visiteurs réguliers, reconnaissent le travail accompli, les efforts pour promouvoir une nouvelle image de Limoges, et j’ai plaisir à entendre des qualificatifs comme, métamorphose, renouveau, reconquête, qualité de vie, bien-être ou offre culturelle d’exception.


L'avenir

Administrer une Ville, c’est travailler pour l’avenir, et en même temps gérer le quotidien.

Aujourd’hui Limoges est citée comme l’une des villes où il fait bon vivre, où l’air est encore pur, où il fait bon investir et les programmes à venir viendront renforcer cette capacité à relever les défis de demain. Des programmes engagés certains devront être terminés (EHPAD Marcel Faure, place de la République, bords de Vienne…). La rénovation thermique des bâtiments municipaux, l’installation de panneaux solaires, les pistes cyclables et la piétonisation, l’éco quartier des portes ferrées devront être poursuivies. La refonte Urbaine de la Zup et de Beaubreuil, l’éco quartier de Marceau ; le site de BEAUBLANC transformé en centre de nature- sport- santé et de compétition, avec ses salles d’entrainement de basket et de handball, sa salle de compétition et sa piscine Nordique, devront être progressivement mis en chantier. La création d’une agence de l’Urbanisme et du Développement aura pour vocation de booster notre tissu entrepreneurial et industriel pour renforcer l’économie et l’emploi. Je crois et j’espère en une industrie du 21ème siècle au service de l’environnement et de la protection de la planète et de l’humanité. Nous avons des pépites dans les filières de l’eau, de la préservation des végétaux et des coraux et de tout le secteur du vivant. Enfin le BHNS élément de réorganisation des transports communautaires devra pouvoir bénéficier de notre engagement à produire et promouvoir l’hydrogène comme carburant propre.

Nous avons inscrit Limoges dans l’agenda 2030 de l’UNESCO, nous parrainerons la communauté Urbaine dans cette démarche d’avenir.


(Discours prononcé à l’occasion des vœux aux personnalités)

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