Grippe : faites-vous vacciner !

La raison qui me pousse aujourd'hui à m'exprimer se situe en tête de liste puisqu'elle touche à la vie et à l'importance que chacun lui accorde.

Je m'explique : depuis le 15 octobre, la campagne de vaccination pour prévenir la grippe saisonnière est lancée partout en France. Pour susciter une prise de conscience, l'Assurance maladie a même lancé une campagne de communication qui nous met en garde : « Cette année encore, la grippe va faire mal ».


On ne peut être plus clair !

La grippe est une maladie contagieuse dont les complications peuvent être mortelles pour les personnes à risques : les plus de 65 ans, celles qui souffrent de maladies cardio-vasculaires, respiratoires, rénales, diabète et puis les personnes obèses ou les nourrissons.

C'est un fait : se faire vacciner permet de se prémunir et surtout d'éviter le risque de complications. C'est aussi une responsabilité citoyenne car en se protégeant, on protège son entourage.


Souvenez-vous ! En début d'année, à Limoges comme ailleurs, les médecins ont fait face au pic de l'épidémie de grippe. Aux Urgences du CHU, l'activité a augmenté de plus de 20 % sur la période, obligeant les professionnels à redoubler d'efforts pour faire face à une situation de tension, déjà bien réelle en temps habituel et encore accrue en période d’épidémie grippale. Autrement dit : un flux de patients trop important pour les moyens humains et matériels déployés pour les accueillir et les prendre en charge dans de bonnes conditions.


En écrivant cela, je voudrais rappeler que ce simple geste citoyen de prévention des risques par la vaccination peut avoir des conséquences favorables à la fois sur notre santé personnelle mais aussi sur le fonctionnement général de notre système de soins.

Les services d’Urgences sont devenues au fil des modifications sociétales ces cinquante dernières années le lieu d’entrée quasi systématique dans le système de soins.

Médecins, infirmiers, aides-soignants et tous les autres personnels y sont, de ce fait, maintenus en permanence sous une forte pression.


Les patients, quand a eux, n’y retrouvent ni l’attention ni la disponibilité et le minimum de confort qu’ils sont en droit d’attendre, aggravant le sentiment d’insécurité des personnels. Une multitude de causes en sont à l’origine : pèle mêle, la judiciarisation de la santé, l’exigence de technicité et de performance, la raréfaction des gardes et astreintes dans la médecine de proximité, la plus grandes solitude des personnes, le vieillissement de la population, l’envie de satisfaction immédiate lié au consumérisme, la complexité du suivi des maladies chroniques ou sévères etc...


Nous savons tous que le parcours de soins tant en amont qu’en aval de l’hospitalisation doit être revu et que la pratique de ville doit y reprendre toute sa place notamment au travers des maisons médicales et des gardes et astreintes permettant un diagnostic et un traitement ambulatoire des troubles ne justifiant pas le recours hospitalier. Mais dans nos comportements d’usagers, nous devons aussi être plus attentifs à notre santé et plus respectueux des professionnels.

Les établissements de santé doivent eux aussi se rénover, adapter leurs pratiques, s'équiper et répondre aux enjeux de demain.

Tous les professionnels s’accordent à reconnaître que cet état de fait ne peut perdurer et qu’il faut inventer le nouveau parcours de soins.

Il est donc plus que jamais impératif de miser sur la complémentarité des équipes et le maillage des compétences sur le territoire. Cela revient à placer le patient au cœur d'un parcours constitué de sas intermédiaires et de solutions évolutives et diversifiées. Les urgences ne devraient intervenir qu’en dernier recours afin d’assurer leurs missions dans de bonnes conditions.


Au vu de mon engagement médical, social et politique, la crise des urgences est pour moi un signal important du malaise de notre société et des contradictions profondes qui entraînent une rupture de notre pacte social. Comme médecin j’ai toujours œuvré à fournir les meilleurs circonstances de soins aux patients et par la même aux personnels à leur service. En tant qu’élu j’ai toujours suivi et proposé des améliorations tant dans la médecine de proximité qu’a l’hôpital où l’ensemble des personnels et de leurs représentants de grande qualité et engagés restent mobilisés. En tant que citoyen, riche de l’expérience médicale et politique, je ne peux que pratiquer et promouvoir les actes de prévention.

En attendant, pour vous et votre entourage et aussi pour soulager les professionnels qui veillent sur notre santé, faites-vous vacciner !

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