Questions sur un passage en force


Demain, il sera demandé aux élus du conseil communautaire de prendre une décision importante, essentielle même pour Limoges et les 19 villes et villages avec lesquels nous avons décidé de partager une vision commune de notre avenir : la transformation de notre communauté d’agglomération en communauté urbaine. Pour moi, les conditions ne sont pas réunies. J’ai donc tenu une conférence de presse avec le Sénateur-Maire de Couzeix, Jean-Marc Gabouty. Et j’ai tenu le langage suivant.

Depuis plusieurs mois, je pose à Gérard Vandenbroucke un certain nombre de questions et lui suggère les préalables indispensables à l’adhésion de la ville de Limoges - qui représente, je vous le rappelle, 66% de la population de l’agglo – à ce projet de communauté urbaine. Ces questions, auxquelles le président de l’agglo n’a toujours pas répondu, je vous en rappelle les principales :

  • Pourquoi nous présenter tout d’un coup un pacte de gouvernance élaboré sans la moindre concertation et dans l’opacité la plus totale, entre élus du même bord politique ? Est-ce ainsi que M. Vandenbroucke conçoit la démocratie ? Est-ce ainsi qu’il envisage le dialogue entre les différents partenaires de la future communauté urbaine ? Ce pacte, qui organise la confiance, nous le demandons depuis si longtemps !

  • Pourquoi repousser aux calendes grecques l'entrée de Chaptelat, pourtant validée par la Commission Départementale de Coopération Intercommunale et inscrite dans le schéma de coopération intercommunale ? Pourquoi attendre un passage en CU sur lequel nous n’avons l’obligation légale de nous prononcer qu’en 2020 ? Ce repli frileux sur soi-même est-il le signal que nous voulons donner ?

  • Pourquoi brandir ce chiffre de 3,2 millions d’euros de DGF qui serait perdue et qui ne veut rien dire ? M. Vandenbroucke sait pertinemment qu’une subvention d’Etat n’est jamais acquise. Il sait aussi qu’elle sera en partie absorbée par les dépenses supplémentaires de technostructure engendrées par le passage en CU. Il sait enfin – et il se garde bien de le dire – que les communes de notre communauté perdront automatiquement la DETR, dotation d’équipement des territoires ruraux, qui leur est versée aujourd’hui directement et qui vient abonder leurs projets. Pourquoi nous cacher cette réalité financière ?

  • Pourquoi M. Vandenbroucke emploie-t-il de faux arguments comme la prise en charge de l’aéroport de Bellegarde alors qu’il sait que la loi NOTRE, votée par ses amis socialistes, fait obligation à la communauté d’agglomération de s’en charger au 1er janvier prochain et qu’un passage en CU n’est nullement nécessaire pour cela ?

  • Un exemple qui me permet enfin de poser la question de fond : pourquoi M. Vandenbroucke refuse-t-il d’élaborer ce projet de territoire que nous proposons depuis si longtemps et qui permettrait de dessiner un avenir fondé sur la réalité des faits et des besoins. Par sur un chiffre de subvention qu’il agite tel un culbuto ? Pourquoi a-t-il réduit nos demandes légitimes à de grotesques questions de préséance protocolaire ? Quel mépris, quel mépris !


Cet ensemble de questions, qu’il aurait été si simple de discuter, sur lesquelles nous voulons encore réfléchir et travailler avec l’ensemble du Conseil ont été ignorées, balayées, moquées sans même être examinées alors qu’il en va de l’avenir de notre métropole et de ses habitants.

La véritable question qui se pose donc aujourd’hui est donc la suivante : le président de Limoges Métropole sait pertinemment que nous ne pouvons pas – par respect pour nos concitoyens – accepter l’oukase qu’il tentera de nous imposer demain. Il connait notre position : il sait que nous sommes prêts à travailler avec lui, avec l’ensemble des maires et élus – quelle que soit leur couleur politique - et leurs collaborateurs à un futur commun et à une communauté d’agglomération dynamique. Une communauté qui soit autre chose qu’une assemblée où l’on recycle ses amis.

Puisqu’il le sait et qu’il tente malgré tout ce passage en force, il prend aujourd’hui l’entière responsabilité de faire échouer la Communauté Urbaine avec une manœuvre politicienne cynique. Ce faisant, il dévoile aussi son véritable et seul objectif : reprendre pour lui la mairie de Limoges perdue par Alain Rodet en 2012.

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