Mesurons-nous à quel point nous avons la chance d'être en France ?

La tempête souffle fort : notre pays est chahuté par cette pandémie, notre pays est terrassé par la menace terroriste et son épouvantable cortège d’assassinats. Notre pays est affecté lourdement par les conséquences des confinements. Sans doute ne voyons-nous que le sommet de l’iceberg de la crise économique et sociale qui se prépare.

Il y a 50 ans mourrait le Général De Gaulle, celui qui au cours du 20ème siècle incarna une certaine idée de la France, de la grandeur de notre état nation et de son devoir de transmettre l’idée universelle d’indépendance et d’autodétermination des peuples. Liberté, droit de vote des femmes, droit à l’autonomie financière puis à la contraception ; création de la sécurité sociale et de ses branches ; il accompagna l’indépendance de l’Algérie et créa la base du tissu relationnel avec nos anciens territoires africains devenus des nations indépendantes. Il dota la France d’une constitution, la cinquième, qu’il voulait être une base solide pour gouverner le pays et éviter l’instabilité de la troisième république puis de la quatrième où les gouvernements étaient renversés rapidement par le jeu d’alliances incessantes des partis mettant en 1958 le pays au bord du précipice. Il dota la France d’une politique étrangère, se méfia toujours du jeu des grandes puissances, eut le mérite de reconnaître la Chine et d’inciter le Président Nixon pour lequel il avait de l’affection à faire de même.

Il eut le mérite de penser l’Europe des nations et de travailler avec le Chancelier Adenauer à structurer le couple Franco-Allemand comme base de celle-ci et s’opposa à l’entrée de l’Angleterre.  Il veilla à ce que la France ait une armée reconstruite, dotée de l’arme de dissuasion nucléaire (outil d’indépendance et de diplomatie) ; multiplia la création de collèges, de lycées, d’universités dont celle de Limoges, d’une recherche dynamique, d’une agriculture et d’une industrie modernisée (train, aéronautique, électricité nucléaire) d’un système de santé et d’enseignement médical dont le CHU de Limoges.


Il y a 50 ans le 10 Novembre était un jour de deuil national, cette année il est pris dans le confinement lié au COVID, la crainte du terrorisme, la grève des enseignants et la présence courageuse des soignants en sous-nombre accentué du fait de la maladie, la fatigue, mais présents auprès des malades graves qui affluent.

La triste violence des élections américaines devrait nous faire réfléchir sur l’état de fragilité de nos démocraties occidentales, et à tous ceux qui ont sablé le champagne pour l’élection de Joe Biden je voudrais rappeler l’importance économique du protectionnisme américain et combien nous avons importé sous la pression de leur impérialisme, le morcellement de la société en groupes de pression communautarisés, l’exercice des primaires, cette violence immédiate de l’image spectaculaire de la télévision et des réseaux sociaux, dans une dynamique d’Etat fédéral complexe en contradiction totale avec les fondements de notre République portant un état nation.

C’est dans ce climat de communautarisme et de dissolution de nos valeurs fondatrices que s’exprime le terrorisme islamique. Je dis bien terrorisme islamique construit sur l’intégrisme et le dévoiement de préceptes religieux. Ce même intégrisme qui s’exprime par deux jeunes de Limoges refusant la minute de silence pour rendre hommage au professeur décapité ou par cet immigré demandeur d’asile et répertorié par la sureté comme intégriste et vivant sans autre forme de contrainte au milieu de nous. Je voudrais vous dire combien je suis sensible à ce que tous les musulmans et leur famille ne soient pas confondus avec les extrémistes.

Non nous ne ferons pas d’amalgame, non nous ne vous trahirons pas, non nous ne nierons ni votre citoyenneté ni votre engagement au service de la République. Mais avec vous nous lutterons toujours contre ceux qui veulent nous opposer, nous séparer, nous asservir, nous enfermer dans la haine et la violence. Nous nous devrons d’être impitoyables et non pas passifs et procrastinateurs comme nous le sommes devenus nous contentant de nous plaindre, de commémorer et de faire brûler des bougies au milieu de monceaux de fleurs à chaque nouveau meurtre.

Mais, mesurons-nous à quel point nous avons la chance d’être en France ?

Mesurons-nous la chance d’être dans un pays où chacun peut être soigné, un pays où l’on décide de protéger d’abord la vie de nos concitoyens, un pays où l’on protège l’économie et les salariés lorsqu’elle est fragilisée ? Un pays où la liberté d’opinion, la liberté d’expression ont encore un sens ! Il paraît que le monde nous envie ces forces qui font la France….

Comme nous nous sentons seuls pourtant certaines fois, quand même les grandes démocraties détournent pudiquement le regard devant l’horreur terroriste qui frappe notre chair !

Dans cette société archipellisée, je VEUX croire que l’Unité est là. Elle existe. Elle s’exprime à chaque instant.

Elle s’exprime :

  • quand nos forces de sécurité veillent sur nous

  • quand notre police municipale œuvre au quotidien pour une ville apaisée, on a vu à Nice à quel point les polices municipales étaient aujourd’hui incontournables.

  • quand nous nous entraidons pour porter les repas à domicile à nos aînés,

  • quand nous distribuons des colis alimentaires à ceux qui sont dans le besoin,

  • quand nos concitoyens fabriquent bénévolement des masques pour les enfants,  pour leurs voisins,

  • quand nos commerçants inventent un Amazon local,

  • quand nous envoyons des vélos électriques, des vêtements, des aliments à nos amis des Alpes Maritimes si durement touchés,

  • quand nos soignants nous reçoivent et s’occupent de notre santé et protègent notre vie parfois en mettant la leur en danger ;

  • quand nous  leur disons MERCI sur le campanile de la gare pour leur dévouement, leur courage, la constance de leur engagement et leur persévérance malgré les difficultés rencontrées.

Engagés, nous le sommes, pour servir notre ville et notre communauté urbaine.

Cette crise nous engage à nous adapter très vite à toutes sortes de contraintes. Le premier confinement nous a montré que nous étions capables d’apporter très vite des réponses aux nouveaux besoins de nos concitoyens et que nous avons pu pallier les manques de l’Etat.

Ce deuxième confinement nous oblige à voir encore plus loin, à réfléchir différemment.

C’est ce que nous faisons lorsque nous préparons un plan d’action contre la précarité : renforcer ce que nous faisons déjà avec efficacité, agir pour soutenir les victimes de la crise économique : commerçants, auto-entrepreneurs, intérimaires…, tous ceux qui pourraient se retrouver projetés dans une passe difficile et qui auront besoin de nous.

Je ne puis que me féliciter du travail entrepris par les élus et les services dont ceux du CCAS, pour répondre à ma demande concernant la détection de ceux de nos concitoyens, frappés par la crise sociale engendrée par le confinement et qui ne sont pas habitués aux démarches sociales. J’ai le souvenir cruel des chômeurs, fin de droits des années 80, qui se suicidaient faute de soutien, et pour lesquels l’argent débloqué ne leur parvenait pas.

Plaie d’argent n’est pas mortelle à la condition que nous puissions mettre en place la solidarité dont ont besoin nos concitoyens. Et toutes ces personnes que l’on qualifie de cet horrible terme d’invisibles, doivent être regardés, vus, reconnus comme des êtres humains, nos concitoyens à part entière, accompagnés dans la réciprocité des droits et des devoirs qui fondent leur citoyenneté et donnent du sens à la nôtre.

Nous construisons l’avenir, pas pour nous, mais pour nos enfants. Nous leur laissons une planète malmenée, un monde dans lequel la pub et l’argent ont remplacé la quête romantique où s’incarnait le tiers symbolique qui autrefois faisait le ciment de la Nation. Il est de notre devoir d’être unis, d’être forts, de réparer et de semer.

Je suis particulièrement fier de la création du Conseil Municipal des enfants, et je vous confie en conclusion, mon enchantement lorsque j‘ai entendu l’un des jeunes conseillers, ce camarade de classe de ma petite-fille l’autre jour à la télévision parler de citoyenneté et d’avenir. Je me suis dit que nous faisions du bon boulot en aidant à la formation des citoyens de demain. C’est un chemin du possible maintien de la République par une relève accomplie.

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