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79ème anniversaire de la Libération de Limoges

Retrouvez ci-dessous mon discours, prononcé à l'occasion du 79ème anniversaire de la Libération de Limoges le lundi 21 août 2023 :


"Le 21 août 1944, celui qu’on appelait le « préfet du Maquis » entrait à pied dans la ville à la tête de ses troupes … et mit fin à l’occupation sans verser une goutte de sang. Pour Limoges, le vingt et un août est devenu une date historique qui marque la fin d’une période sombre. Ce Mythe « de Limoges Libérée, par elle même, et son maquis » aurait du fédérer durablement, par delà les factions ayant présidé à la débâcle et les affres de la collaboration. Hélas, il fallut le temps des règlements de comptes pour que reprennent les tensions et les factions. Le temps de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » fut vite effacé, remplacé par celui de « l’ami de mon ennemi est mon ennemi ».


Mobilisés le 6 juin 1944, l’ensemble des maquis du département, de sensibilités diverses mais unis au sein du CNR voulu par Charles de Gaulle et réalisé par Jean Moulin, étaient sur le qui-vive. La ville de Limoges restait sous contrôle allemand, avec une garnison de 1500 hommes sous le commandement du général Walter Gleiniger et du lieutenant-colonel Von Liebich.

La Victoire du Mont Gargan ou les résistants commandés par G. Guingouin (Alias Raoul) réussirent à récupérer les armes parachutées, leur donna un avantage certain pour encercler Limoges, négocier la reddition allemande et repousser le bombardement de la ville, envisagé par les alliés.


Le 19 août 1944, la reddition de la garnison allemande qui occupait Limoges fut scrupuleusement organisée. Les pourparlers et les négociations furent menés jusqu’à ce que l’acte définitif soit rédigé.

C’est dans ce contexte-là que, le 21 août, à 22H10, le bain de sang, le bombardement et les représailles évités, Limoges fut libérée et Georges GUINGOUIN, « le préfet du Maquis », accueilli en héros par la foule limougeaude …

Cet heureux dénouement pour la ville est celui que nous commémorons aujourd’hui.


Remémorons nous, à l’instant le refrain magnifique du « Chant du Départ », qui dit : « la République nous appelle, sachons vaincre ou sachons mourir, un français doit vivre pour elle … Pour elle un français doit mourir ».

L’exemple de ces courageuses et courageux combattants doit éclairer, dans nos esprits, dans nos cœurs le chemin à poursuivre : ne jamais renoncer à nos obligations et nos devoirs envers la République et la patrie si nous voulons rester un peuple Libre. Ils sont les étincelles d’une flamme … cette fameuse flamme de la résistance française que De Gaulle évoquait en assurant qu’elle « ne s’éteindra pas ».


Mais que de chemins douloureux parcourus pour en arriver là … que de chemins tortueux depuis cette débâcle de juin 1940. Rares au début furent les Français qui refusèrent de se soumettre, de subir et d’accepter l’armistice et la victoire de l’Axe, tandis qu’étaient votés les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN. L’acceptation de la défaite amorça la chute de la République et la naissance de la collaboration. Les passages à la résistance se firent de plus en plus nombreux.


Le totalitarisme nazi était redouté dès 1933, lorsque Adolf Hitler devint le nouveau chancelier allemand et clama ses rêves d’expansionnisme territorial. Son idéologie raciste totalitaire : la suprématie de la Race Arienne servit de prétexte à la Shoa, triomphe d’un antisémitisme fanatique organisé en massacre programmé. Le pacte Germano-Soviétique venait parachever la lourdeur des menaces sur l’Europe. La débâcle Française de juin 1940, précipita notre pays, comme l’Europe, aux enfers.


Notre liberté retrouvée, nous la devons tant aux résistants qu’aux géants que furent Winston CHURCHILL et Charles de GAULLE, qui refusèrent de capituler face à Hitler personnifiant la Haine, le bellicisme, le Fascisme portant un expansionnisme totalitaire et criminel.

Après des années de guerre, notre terre fut libérée par les alliés Américains, Anglais, Canadiens et nos armées dont celles d’Afrique et de l’intérieur coordonnée par le CNR.

Souvenons nous, parmi des milliers d’entre eux, de ces braves, dont l’exemple devrait nous inspirer: Georges Lapeyre, qui refusa sa démobilisation suite à la défaite de 1940 et rejoint le maquis ; Bernard Le Ley, grand résistant FTP et colonel FFI ou encore Gilbert Bugeat qui, par discrétion, tut pendant des années ses actes de grand résistant.

Je pense aussi à Thérèse MENOT, ancienne conseillère municipale de Limoges mais surtout résistante dès l’âge de 20 ans.


La Ville n’oublie pas non plus les élèves de nos écoles et de nos lycées limougeauds, comme certains du lycée Gay Lussac ainsi que leur Proviseur qui résistèrent aux côtés de nos héros nationaux.

Ainsi, nous célébrons la mémoire, en ce jour, de toutes ces femmes et ces hommes qui, grâce à leur foi inébranlable en la patrie, nous permettent aujourd’hui de vivre en paix et en démocratie.


Enfin, n’oublions pas non plus les femmes et les hommes tombés partout en France, en passant par Brantôme, Tulle ou par Oradour sur Glane, dans un énième massacre de l’occupant nazi, qui, sentant le vent de la Libération les balayer, usa de toute sa cruauté pour maintenir un ordre inacceptable.

Souvenons nous de ces français ayant subis les exactions de la Milice, comme au printemps 1944 sur le plateau des Glières ou dans la forêt de Fontainebleau.

"Nous ne sommes pas des héros, nous n'avons fait que notre devoir […] Et pour le Débarquement : Non je ne suis pas un héros. Le héros, c'est le copain qui est mort à côté de moi". Ainsi s’exprimait en ces humbles termes Léon Gautier, dernier membre du commando Kieffer, qui débarqua avec 176 camarades français en Normandie le 6 juin 1944.


Ce participant à la Libération, qui s’est éteint le 3 juillet dernier, nous laisse témoin d’une vie d’engagement, de vaillance … pétrie d’une foi inébranlable en la liberté. C’est un exemple d’humilité et d’engagement dont nous devons citer l’exemple pour transmettre sa mémoire qui, venant s’ajouter à des millions d’autres, doit éclairer les générations à travers les temps avec son cortège de courage et de bravoure.

Il me vient une pensée pour Robert Hébras et tous le cortège de nos anciens soldats disparus, ceux qui m’avaient parlé de leurs souffrances et de leurs engagements comme de tous les autres. C’est pour vivre en paix, dans une nation/patrie libre, avec des droits garantissant ces libertés qu’ils s’étaient battus. Vaincre ou mourir !

Les bruits de chars, d’hélicoptères et de missiles venus de l’est de l’Europe nous rappellent l’éternelle ambivalence des nations et de la quête du pouvoir de l’homme sur les autres hommes. La Guerre : honnie par les vaincus ou ceux qui s’apprêtent à l’être, voulue par ceux qui veulent asservir et dominer, doit être envisagée comme une réalité . Cette Réalité nous oblige et nous devons nous préparer pour nous en prémunir et rester libre, en démocratie, comme avaient su nous l’enseigner Charles de Gaulle après Jules César et Georges Clemenceau.


Interviewé, Léon Gautier insistait sur un point : « Il faut que les jeunes sachent que la liberté coûte cher ».

Nous nous devons de suivre leur enseignement et leurs recommandations et de ne pas nous satisfaire de dire que « l’expérience est une lanterne que nous portons dans le dos et qui sert à éclairer le chemin parcouru ».

A leur exemple nous ne devons céder ni à la facilité, ni à la division ni au fatalisme face à toutes les formes de sectarisme idéologique, de racisme, d’antisémitisme, de totalitarisme et de xénophobie porteurs de séparatismes. Comme le disait Churchill, le « Vieux lion » britannique, « ceux qui oublient leur passé sont condamnés à le revivre ».

Le combat de nos aïeux nous permet aujourd’hui d’arborer fièrement, sur le fronton de nos bâtiments, nos valeurs républicaines et l’étendard de notre nation.

Que leur conduite nous serve d’exemple, et nous montre que la liberté, valeur phare de notre République, est un bien précieux et fragile, dépendant de notre engagement et de notre solidarité. Refusons ce tourbillon de brutalité, de détestation, de renoncements, de divisions qui nous affaiblissent et nous égarent.


Il est primordial de prévenir la violence, partout où elle germe et indifféremment du contexte. Cette prévention qui commence au sein même de notre société doit également s’accompagner d’une Justice infaillible, de sanctions efficaces et d’une réponse pénale dissuasive. Voilà ce que les françaises et les français attendent légitimement.

L’incertitude, la division, la passivité mais aussi les faux semblants qui cherchent à masquer la lâcheté … voilà ce qui conduit à la renaissance de la violence et, in fine, de la Haine. Si nous ne voulons pas d’un avenir dangereux pour notre Nation, il est essentiel de se battre pour garantir la survie et la pérennité des valeurs de la République.

A la mémoire de nos résistants, à nos libérateurs, à nos héros …


Pour que vive Limoges, Pour que vive notre République et Pour que Vive la France !


Mesdames et Messieurs, je vous remercie"


Émile Roger Lombertie

Maire de Limoges

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