Cérémonie du 14 juillet

Retrouvez ci-dessous mon discours, prononcé le 14 juillet lors de la cérémonie statique Place Jourdan : "Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Limougeaudes et Limougeauds

Le 14 juillet s’enracine dans la prise de la Bastille en 1789, cette révolte, d’abord du peuple parisien, étendue à toute la France, signe la fin de la monarchie absolue et le début de l’accession du peuple à sa souveraineté : Citoyenne- Citoyen. Cette accession se fera dans la violence et dans le sang.

Le 14 juillet symbolise aussi l’Union de tous les français, l’unité nationale, par la date du 14 juillet 1790 où le roi Louis XVI, sur le Champs de Mars, prêta serment à la Nation et à la loi faisant de cette date la fête de la Fédération. Un nouveau monde ?

Ainsi, la fête nationale du 14 juillet, instituée par la loi Raspail du 6 juillet 1880, ne mentionne pas lequel de ces événements est commémoré.

Aujourd’hui, nos troupes militaires ne défilent pas. Nous ne pouvons pas ainsi leur rendre le traditionnel hommage, mais nous pensons très fort aux femmes et aux hommes qui, chaque jour, servent notre pays et nos concitoyens. Nombre d’entre eux sont en Guerre contre le terrorisme et le totalitarisme au péril de leur vie, dans des pays lointains.

N’oublions jamais la gendarme Mélanie Lemée, tuée par un chauffard qui essayait de se soustraire à un contrôle de gendarmerie ; ni Philippe Montguillot, lâchement agressé par 4 voyous à qui il avait demandé de porter un masque, lors de leur montée dans son bus, à Bayonne. Ils sont le symbole d’un pays ou l’interdiction sacrée de tuer l’autre par ce qu’il n’est pas comme nous, par ce qu’il représente la loi commune, l’ordre nécessaire et minimal qui permet de vivre ensemble est remis en cause chaque jour. Il n’existe pas de liberté sans respect des lois et des règles de vie qui en découlent. Cette triste période de pandémie a montré cette lente dérive de nos pays occidentaux dans leur façon de vivre, c’est à dire d’affronter la mort naturelle qu’ils n’acceptent plus, alors qu’ils justifient les errements délinquants ou meurtriers sous des couverts dogmatico-revendicatifs. Nous avons vu le meilleur et le pire de nos administrations : là facilitatrice et réactive, là totalement erratiques, tenant d’attitudes politicienne bien loin de la grandeur du service de l’état. La lente campagne d’adaptation à la protection généralisée de la population concernant le port du masque et son intérêt en terme d’attention réciproque et de première barrière contre le virus, a donné lieu à des errances sémantiques et des discours discordants dont le résultat social est aujourd’hui catastrophique. Ils osent tout disait Audiard…

Aujourd’hui, 14 juillet 2020, le Président de la République a décidé de mettre à l’honneur les personnels soignants qui furent et sont toujours en 1ère ligne, face au coronavirus, et tous ceux qui ont permis au pays de continuer à vivre : gendarmes, policiers, enseignants, fonctionnaires, agriculteurs, maraîchers, porteurs de repas et aides à domiciles, ouvriers et artisans, pompes funèbres et fossoyeurs citoyens bénévoles... Je sais par expérience combien vous avez le sens de votre engagement. Chers personnels de santé, j’ai été horrifié de savoir que vous affrontiez une maladie infectieuse virulentes sans protection : masques FFP2, sur-blouses, gants. L’OMS, les infectiologues évoquent depuis 40 ans, entre eux, la survenue d’une pandémie du type de la grippe espagnole, de la tuberculose ; des grippes de 1957 ou 1968, du SIDA. Finalement, nous n’étions pas prêts. Pire nous avons oublié toutes les précautions de base connues depuis la fin du 19 ème siècle.

En tant que médecin, j’ai vite mesuré la gravité de la situation et j’ai immédiatement ordonné qu’on vous distribue, en quantité, des masques pour assurer votre protection et celle des autres, comme l’exigea Philippe Montguilot dans son bus.

Notre pays n’est pas encore sorti de cette crise sanitaire, ni des maux qui le frappent. Les incivilités, les agressions et le non-respect de nos forces de l’ordre et de nos soignants vont à l’encontre de ce que symbolise cette journée. A nous de rappeler l’impérieuse nécessité de nous rassembler et de constituer cette véritable unité nationale, au moment où nous en avons plus que jamais besoin.

A nous, politiques, de témoigner tout notre soutien à nos militaires, à nos forces de l’ordre, à nos personnels de santé et a tous ceux, professionnels et bénévoles qui œuvrent quotidiennement à la consolidation de l’unité nationale, à l’union de tous les français.

Il est de notre responsabilité de vous rappeler combien nous comptons sur vous et combien chacune et chacun d’entre vous est important pour maintenir l’équilibre de notre société. Sans armée digne de ce nom, un pays n’est plus une nation et n’a plus de souveraineté, Charles de Gaulle nous l’a rappelé. Sans une administration au service du Pays et des Citoyens, la nation disparaît, la sécurité s’efface. Sans système médical basé sur la santé publique, base et objectif à atteindre pour la sécurité des citoyens, la mort frappe des populations démunies. Entre l’armée, la santé, et la sécurité qu’elle soit portée par les gendarmes, la police nationale ou municipale, les pompiers, il existe trois point commun : La qualité de l’équipement, la doctrine d’utilisation qui fait la grandeur des équipes et la reconnaissance et le respect permanent par la population Nationale. Quand ces trois principes sont mis en causes simultanément alors oui, nous sommes tous en danger. Tout cela a un prix, mais la seule réflexion économique nous conduit droit dans le mur. Combattre un ennemi ou une infection sans armes, sans protection, sans respect, sans reconnaissance durable est un signe de dégénérescence de nos valeurs communes que nous nous devons de relever sous peine d’être asservis.

Je voudrais vous dire combien je suis fier de vous tous. Vous avez toutes et tous mon admiration pour le travail accomplis quotidiennement. Vous avez fait le choix d’embrasser une carrière ou de donner du temps au service de vos concitoyens. Il ne serait pas juste que pendant que vous servez, d’autres se servent.

Pour vous, l’union de la Nation n’est pas un vain mot et vous nous donnez l’exemple permanent de cet engagement que nombre de bien pensant ne veulent plus voir ni entendre : que puis je faire pour mon pays et mes concitoyens avant d’exiger qu’il me donne ce dont j’ai envie.

Je me réjouis que le gouvernement, à la demande expresse du Président de la République, ait signé des accords importants lors du Ségur de la santé. Je forme le vœu que l’équipement de nos troupes et de nos policiers soit à la hauteur de la qualité de la doctrine de commandement, qui leur sera proposée pour rétablir la sécurité du pays et l’ordre Républicain partout et de la même manière pour tous.

Soyez toutes et tous assurés de mon profond respect et de toute ma reconnaissance.

Le 14 juillet 2020 doit être pour vous, pour nous tous, un jour de fête, un rappel de l’importance que vous avez dans notre société. Vous êtes toutes et tous des agents du service public ou des bénévoles au service de tous les autres, de nous tous. Vous formez, unis, une belle chaine d’amour de l’autre et de solidarité, citoyennes et citoyens. Je veux aujourd’hui rappeler à nos concitoyens combien ils ont la chance, grâce à vous, de vivre dans notre beau Pays et d’être encore libre, d’être protégés à l’extérieur et à l’intérieur, de bénéficier de secours de qualité et d’un système d’assistance, de sécurité, social et de santé ou les hommes et les femmes qui le composent ; avec la compétence, ont cette grande générosité et le sens du devoir à l’autre, chevillé au Corps. Ça a été pour moi, en santé publique, un grand plaisir de le partager avec vous pendant 40 ans et de pouvoir maintenant continuer à vous protéger et à vous défendre bec et ongles.

Je vous en remercie !

Fier de vous !"

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