Les conseillers communautaires de Limoges s’élèvent contre les pressions de l’agglo

© crédit photo : Ville de Limoges

Trop c’est trop !



Les maires des communes de l’agglo, accompagnés de Gérard Vandenbroucke, se sont invités hier – sans me prévenir – à l’hôtel de ville afin de me remettre un courrier à quelques heures du Conseil municipal. Ce courrier, vous vous en doutez, constituait le point d’orgue de la campagne d’intimidation entreprise par l’agglo ces derniers temps pour nous faire adopter un projet mal foutu de communauté urbaine et ce, en dépit de nos avertissements. Limoges compte pour les 2/3 des habitants de Limoges Métropole et nous estimons, mes collègues et moi, que notre ville a trop longtemps été lésée pour que cela continue. Au-delà de nos points de vue divergents, nous trouvons en outre ces méthodes inacceptables et parfaitement révélatrices du peu de cas que fait la gauche socialiste locale de la démocratie et de la libre expression de chacun.

Nous avons donc fait parvenir à la presse le communiqué suivant, que je vous livre dans son intégralité.



Les vice-présidents et les conseillers communautaires de Limoges Métropole issus de la majorité municipale de la ville de Limoges communiquent :


Les vice-présidents et les conseillers communautaires de Limoges Métropole issus de la majorité municipale de la ville de Limoges ont décidé à l’unanimité de ne pas participer au conseil communautaire qui doit se tenir aujourd’hui jeudi 17 novembre à Peyrilhac.


En prenant cette position, les élus limougeauds entendent protester vigoureusement contre les pressions inadmissibles dont ils sont l’objet depuis plusieurs semaines, collectivement ou individuellement, en raison de leurs réserves sur la transformation de la communauté d’agglomération Limoges Métropole en communauté urbaine au 1er janvier 2017.


A plusieurs reprises, les élus de Limoges ont attiré l’attention de leurs collègues sur ce projet mal et insuffisamment préparé. Ils se sont alarmés de la médiocrité des études qui leur étaient fournies et des réponses dilatoires ou incomplètes que Limoges Métropole opposait à leurs inquiétudes et à leurs questions.


Quand toutes les communautés d’agglomération de France – qu’elles soient de droite ou de gauche - ont travaillé pendant une, voire deux années pour préparer leur transformation, écrire leur projet de territoire, trouver un langage et un respect communs, Limoges Métropole a prétendu faire le même travail en moins de trois mois et a tenté de l’imposer à sa ville-centre et à ses élus qui représentent les 2/3 de la population de son territoire.


Les moyens les plus discutables ont été employés. Le dernier en date – l’instrumentalisation des maires de l’agglo pour faire pression sur le maire et les élus de la ville de Limoges en se pressant devant l’hôtel de ville sous les objectifs des photographes quelques heures avant le Conseil municipal – rappelle des méthodes que l’on croyait oubliées depuis longtemps et illustre mieux que tout discours la conception de la démocratie selon le Président de l’agglo.


Car il ne faut pas s’y tromper : le refus unanime du Conseil municipal de Limoges, tous groupes politiques confondus – à l’exception des conseillers socialistes – de passer en communauté urbaine est avant tout l’échec personnel de Gérard Vandenbroucke. S’il avait su, comme l’ont fait les présidents des agglos de Saint-Etienne, Clermont-Ferrand ou Orléans par exemple, écouter les nombreuses mises en garde, associer tous les élus - et pas seulement ses camarades de parti – au travail indispensable pour un changement aussi important, prendre le temps d’y travailler sérieusement, anticiper les multiples questions auxquelles l’agglo est incapable de répondre et inscrire son action dans la durée et le respect de tous, il est vraisemblable que la position des élus de Limoges aurait été différente hier soir.


Aujourd’hui, le résultat est là : les représentants de la majorité absolue des habitants de la ville-centre refusent la communauté urbaine telle qu’elle leur est proposée et les méthodes inacceptables du président de l’agglo pour imposer un passage en force. Ils lancent un appel à la raison et sont prêts à poursuivre dans les commissions de travail et à prendre toute leur part dans l’élaboration de la future communauté urbaine pour peu qu’un changement significatif intervienne dans l’attitude du Président de l’agglo et de son entourage. Ils déplorent qu’une technostructure envahissante dicte son attitude aux responsables de l’agglo et demandent qu’on en revienne à un fonctionnement démocratique qui privilégie la parole des élus. Les vice-présidents, secrétaires et conseillers communautaires de Limoges Métropole issus de la majorité municipale de la ville de Limoges l’affirment aujourd’hui : la balle est dans le camp de l’agglo.


On ne marche pas sur la démocratie, ni sur la liberté de choix et de décision des élus de la République.



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